L’Église et le village
L’Église
Dédiée à Saint-Germain, évêque d’Auxerre au Vème siècle, l’église d’origine date du début du XIIème siècle.
Son portail et trois des arcades intérieures de la nef sont de style roman.
Au XIVème l’église a été relevée et surélevée dans le style gothique par Philippe de Courtenay, seigneur de La Ferté-Loupière.
Après les ravages de la Guerre de Cent Ans, Pierre de Courtenay fit à son tour relever l’église en gothique flamboyant. Son portrait et celui de son épouse Perrine de La Roche figurent en médaillons avec les armes des deux familles.
L’église connut des transformations au XVIIème siècle : surélévation de la voûte de la nef principale, élargissement et rehaussement des bas-côtés, ajout des fenêtres à arc bombé.
La base des piliers de l’église primitive se trouve aujourd’hui enfouie sous terre, recouverte par les alluvions du Vrin au cours des siècles : 2 mètres en 9 siècles ! Les chapiteaux de l’époque sont aujourd’hui à hauteur d’épaule et l’on marche sur un dallage datant de 1856.
Un escalier à vis du XVème siècle, remanié au XVIIème, se niche dans le transept nord et un vitrail flamboyant de 1889 apporte un éclairage spectaculaire au soleil levant.
Le village, son histoire
La Ferté-Loupière se situe aux frontières du Gâtinais, de la Champagne et de la Bourgogne, à l’orée de la Puisaye.
Installé au creux de la vallée du Vrin, le village conserve la disposition urbaine héritée de l’époque médiévale.
Le nom de « ferté », datant du Moyen-Âge, signifiait « lieu fortifié ». Le mot «Loupière » se rapporte aux « loupes de fer », minerai omniprésent aux alentours et générant une activité importante depuis les gaulois. De cette époque subsistent les vestiges des fortifications au pied de la colline qui rappellent la prospérité passée du bourg.
Après la paix signée entre Armagnacs et Bourguignons (1436), puis la fin de la Guerre de Cent Ans (1453), le Comte Pierre de Courtenay fit reconstruire le village et ses fortifications. Il fit édifier également le château, dont le donjon reste le seul vestige.
Protégé par ses murailles, le village est centré autour la place principale où se font face l’église et la halle.
Construits avec les matières premières locales, les bâtiments reflètent la diversité des matériaux bourguignons : pierre calcaire, brique moulurée ou formant des motifs géométriques pour agrémenter les façades.
Le village est fier d’avoir vu Louis VI Le Gros boire à la source miraculeuse de Saint-Pantaléon, d’avoir accueilli la Reine Alix (Adèle de Champagne, veuve de Louis VII et mère de Philippe-Auguste). Ses habitants s’enorgueillissent de posséder cette église exceptionnelle.
L’évêque Saint-Germain
Saint-Germain, personnage romanesque
Saint-Germain l’Auxerrois, contemporain de Saint-Augustin, fut célèbre au Vème siècle pour ses hautes responsabilités dans la Gaule romaine et dans l’Eglise chrétienne.
D’une famille de riches propriétaires terriens de l’auxerrois, Germain, après des études de droit, devient un brillant avocat avant d’être nommé, à 30 ans, gouverneur d’une grande région de la Gaule allant jusqu’en Bretagne.
En 418, le haut fonctionnaire talentueux est choisi – sans l’avoir sollicité !- évêque d’Auxerre. Il change alors de vie et devient ascète. Ses voyages d’évangélisation, notamment contre l’hérésie pélagienne, en Bretagne et Grande-Bretagne, lui font croiser la route de Sainte Geneviève, dont il devient le père spirituel. Il meurt en 448 et il repose dans l’actuelle abbaye Saint-Germain à Auxerre.
L'évêque Saint-Germain, détail du grand vitrail