Peintures murales

Un patrimoine exceptionnel

Les peintures murales s’étendent sur le mur gauche de la nef, au-dessus des trois premières arcades. Remarquables par la précision du dessin, la fraîcheur, la variété et l’harmonie des couleurs habilement disposées à partir d’une palette d’ocre, de violet, de rose, de vert, de terre de Sienne et de terre d’ombre - ces œuvres ont été réalisées avec les fameuses ocres de Puisaye.

Recouvertes par un badigeon protecteur au XVIIème ou au XVIIIème, elles ont été « re-découvertes » en 1910 par le Marquis de Tryon-Montalembert, propriétaire du château voisin de la Vieille-Ferté, avec le concours du curé de l’époque, l’abbé Martens.

Cette vaste décoration murale, destinée à « émouvoir et instruire », comporte quatre sujets :

En haut, deux peintures de grande envergure : un Dict des trois morts et des trois vifs, puis la fameuse Danse Macabre .
Au-dessous, deux autres peintures de dimensions plus réduites et un peu plus tardives : Saint-Michel terrassant le démon et une Vierge de l’Annonciation.

Le Dict des trois morts et des trois vifs : la mise en garde !

Le thème relate l’histoire de trois jeunes nobles : un duc,
un comte et un prince sur leurs chevaux au cours d’une partie de chasse. Au détour d’un cimetière, ils se heurtent soudain à trois morts sortis de leurs tombeaux qui semblent les attendre...

Les trois jeunes gens  « frémissent comme feuilles qui tremblent ».

Appelés « transis » au Moyen-Âge, chacun des morts est encore vêtu du linceul dans lequel il fut inhumé et l’un d’entre eux porte un dard – symbole bien connu de la mort – ainsi qu’un pic de fossoyeur. « Nous avons été ce que vous êtes. Vous serez ce que nous sommes ; d’avance mirez-vous en nous. Puissance, richesses, honneur ne sont rien. A l’heure de la mort, il n’y a que les bonnes œuvres qui comptent ».

Ce thème du Dict des trois morts et des trois vifs est l’illustration de poèmes du XIIIèmesiècle, attribués, notamment, au ménestrel Baudoin de Condé et au poète Nicolas de Margival.

La Danse Macabre : tous égaux devant la mort

Inspirée du théâtre de rue, la Danse Macabre est une sarabande burlesque,  qui montre la stricte égalité des hommes en face de la mort.

Elle illustre l’inéluctable réflexion sur la vie et la mort dans une période où la France médiévale a été ravagée par de multiples fléaux, principalement la grande Peste noire et la Guerre de Cent Ans.

Mêlant morts et vivants, elle souligne la vanité des distinctions sociales, fauchant le pape comme le pauvre prêtre, l’empereur comme le laboureur. Sur un ton sarcastique, parfois tendre, cette BD du Moyen-Âge met en scène 42 personnages sur 25 mètres de long : un meneur de jeu qui acte mérites et faiblesses de chacun,  trois squelettes musiciens - ou plutôt des « transis » - et dix neuf « couples » mort/vif .

Les costumes des vivants, fort précis et d’un grand intérêt documentaire, nous décrivent leur fonction et position sociale respectives.

Se succèdent : le Pape, l’Empereur, le Cardinal, le Roi, le Légat du pape, le Duc, le Patriarche, l’Archevêque, le Connétable, l’Evêque, l’Amoureux, l’Avocat, le Ménestrel, le curé, le laboureur, le cordelier (un franciscain), l’enfant, le clerc et l’ermite. Pour clôturer le spectacle, le dernier transi salue le public en s’inclinant.

La Danse Macabre a été mise à l’honneur dans le cadre de l’exposition sur les Epidémies – De la peste noire à nos jours -aux Archives Nationales à Paris.

Pour compléter les leçons sur la mort enseignées par les deux premiers tableaux,
Saint-Michel terrassant le démon et
la Vierge de l’Annonciation offrent aux vivants des perspectives d’espérance

Cette peinture montrant l’Archange Saint-Michel combattant le démon Satan, est, à quelques détails près, une reproduction d’un tableau bien connu de Raphaël, peint en 1518.  La ressemblance situe cette peinture au XVIème siècle, avec cependant quelques différences (écharpe et geste du bras).

Saint-Michel terrassant le démon

La Vierge de l’Annonciation

Réalisée probablement à la même époque que le Saint-Michel terrassant le démon, cette œuvre représente la Vierge Marie recevant le salut de l’Ange. Elle tient dans la main gauche un livre ouvert, tandis que sa main droite levée suggère l’étonnement. Le geste simple de la main, le sérieux du visage, le mystère du regard, rappellent la candeur naïve et la vie intense des vierges de Fra Angelico.